Crue, cru ou crû ? Quand la rivière monte
La crue est l'élévation du niveau d'un cours d'eau, qui peut le faire déborder de son lit ; crue est aussi le féminin de l'adjectif cru (non cuit, brutal).
Après des jours de pluie, la rivière sort de son lit : c'est la crue. Les riverains surveillent les échelles graduées sur les piles des ponts. La crue rappelle que le fleuve n'appartient qu'à lui-même.
- Élévation du niveau d'un cours d'eau. *La crue de la Seine a inondé les quais.*
- Au figuré, augmentation soudaine. *Une crue des demandes d'aide.*
- Féminin de l'adjectif cru : non cuit. *Une carotte crue.*
- Féminin de cru : brutal, sans ménagement. *Une lumière crue, une vérité crue.*
Formes et famille
| Forme | Exemple | Remarque |
|---|---|---|
| Nom féminin | une crue | montée des eaux |
| Pluriel | des crues | régulier |
| Contraire | la décrue | baisse des eaux |
| Adjectif masc. | cru | non cuit |
| Participe | crû | de croître |
Exemples
- La crue de 1910 reste la référence à Paris.Histoire : le Zouave du pont de l'Alma sert d'échelle populaire.
- On parle d'une crue centennale.Crue qui a une chance sur cent de se produire chaque année.
- Il lui a dit la vérité toute crue.Adjectif féminin : franche, sans détour.
Crue, cru ou crû ?
- Une crue : nom, tiré du participe de *croître* ; c'est l'eau qui « croît ».
- Cru, crue : adjectif, « non cuit », du latin *crudus*.
- Crû : participe passé de *croître*, avec accent au masculin singulier seulement pour le distinguer de *cru* (de *croire*).
- Un cru : vignoble ou vin d'un terroir (*un grand cru*).
Pourquoi « crue » n'a-t-il pas d'accent ?
L'accent de *crû* sert à éviter la confusion avec *cru* de *croire* ; au féminin, *crue* n'en a pas besoin.
Qu'est-ce qu'une décrue ?
La baisse du niveau des eaux après une crue, quand le fleuve regagne son lit.