Purée : la recette, l'interjection et la misère
La purée est une préparation de légumes cuits et écrasés, le plus souvent de pommes de terre ; familièrement, « purée ! » exprime la surprise ou l'agacement.
La purée est l'un des premiers plats qu'on donne aux enfants, et l'un des derniers dont on se lasse. Mais le mot a aussi une vie hors de la cuisine, dans le juron poli et l'argot de la pauvreté. Quand on crie « purée ! », on évite souvent un mot bien plus grossier.
- Légumes cuits et écrasés. *Une purée de pommes de terre au beurre.*
- Toute préparation écrasée ou mixée. *Une purée de tomates.*
- Interjection familière de surprise ou d'agacement. *Purée, j'ai oublié mes clés !*
- Misère, gêne (familier, vieilli). *Ils sont dans la purée depuis des mois.*
Formes et dérivés
| Forme | Mot | Exemple |
|---|---|---|
| Nom féminin | une purée | une purée maison |
| Pluriel | des purées | des purées de légumes |
| Ustensile | un presse-purée | des presse-purées (1990) |
| Composé | purée de pois | brouillard très épais |
| Verbe apparenté | écraser, mixer | mettre en purée |
Dans la phrase
- Mets les carottes en purée pour le bébé.« Mettre en purée » : registre culinaire courant.
- Purée de purée, quel embouteillage !Interjection redoublée, familière, surtout dans le Midi.
- On n'y voyait rien, une vraie purée de pois.Image ancienne pour un brouillard dense.
Et en Belgique ?
À Bruxelles, on mange le stoemp, une purée de pommes de terre mêlée d'autres légumes (carottes, poireaux, épinards), souvent servie avec une saucisse. Le mot vient du bruxellois, proche du néerlandais *stampen*, « écraser ». Le mot purée lui-même dérive de l'ancien verbe *purer*, « nettoyer, passer au tamis » : on obtenait une matière débarrassée de ses peaux et fibres.
« Purée » est-il un gros mot ?
Non, c'est au contraire un euphémisme, un juron adouci accepté partout.
Presse-purée prend-il un s ?
Selon les rectifications de 1990, on écrit « des presse-purées » ; la forme invariable reste admise.