Planque : cachette, bon poste ou surveillance ?
Une planque est, en langage familier, une cachette ; le mot désigne aussi un emploi tranquille et peu fatigant, ou la surveillance discrète d'un lieu par la police.
La planque appartient au français familier, et elle a trois visages. C'est l'endroit où l'on cache quelque chose, le boulot où l'on ne se fatigue pas, et la voiture banalisée d'où la police observe un suspect. Dans les trois cas, l'idée est la même : se faire oublier.
- Cachette. *Les gamins ont trouvé une planque dans le grenier.*
- Emploi tranquille et protégé. *Ce poste au ministère, c'est une vraie planque.*
- Surveillance discrète (policiers). *Deux inspecteurs sont en planque devant l'immeuble.*
- Lieu où se réfugier. *Il s'est trouvé une planque à la campagne.*
Formes et dérivés
| Forme | Mot | Exemple |
|---|---|---|
| Nom féminin | une planque | une bonne planque |
| Pluriel | des planques | des planques sûres |
| Verbe | planquer | planquer l'argent |
| Pronominal | se planquer | planque-toi derrière le mur |
| Personne | un planqué | les planqués de l'arrière |
Exemples d'emploi
- Où as-tu planqué les clés ?Registre familier ; en registre neutre : « où as-tu caché les clés ? ».
- La planque a duré trois nuits sans résultat.Vocabulaire des romans policiers et du cinéma.
- Pendant la guerre, on traitait de planqués ceux qui évitaient le front.*Planqué* est péjoratif : celui qui se met à l'abri pendant que d'autres risquent leur vie.
Origine du mot
*Planque* est tiré du verbe *planquer*, lui-même une variante populaire de *planter*, « enfoncer, poser fermement ». Planquer un objet, c'était d'abord le ficher quelque part pour qu'on ne le trouve pas. Le mot apparaît dans l'argot au XIXe siècle et devient très courant avec la Première Guerre mondiale, où le « planqué » est le soldat qui reste loin des tranchées.
Peut-on employer « planque » à l'écrit ?
Dans un texte familier, un dialogue ou un polar, oui ; dans un écrit formel, on préférera « cachette ».
Une planque est-elle forcément malhonnête ?
Non : c'est souvent une plaisanterie envieuse pour un poste confortable.