Paradis : d'un jardin perse au séjour des bienheureux
Le paradis est, dans plusieurs religions, le séjour des âmes des justes après la mort. Par extension, c'est un lieu ou un état de bonheur parfait.
Le paradis promet le bonheur éternel, mais son nom est d'abord un mot de jardinier. Avant d'être céleste, le paradis était un parc clos de murs, en Perse.
- Séjour des âmes des justes après la mort. *Aller au paradis.*
- Jardin d'Éden (Bible). *Adam et Ève furent chassés du paradis terrestre.*
- Lieu enchanteur. *Cette île est un paradis pour les plongeurs.*
- Paradis fiscal : pays à fiscalité très faible. *Des fonds placés dans un paradis fiscal.*
- Au théâtre (vieilli) : les places les plus hautes. *Les étudiants s'entassaient au paradis.*
Formes et emplois
| Forme | Mot | Exemple |
|---|---|---|
| Nom masculin | paradis | Un petit paradis. |
| Pluriel | paradis (invariable) | Des paradis perdus. |
| Adjectif | paradisiaque | Une plage paradisiaque. |
| Composé | paradis artificiels | Titre d'un essai de Baudelaire. |
| Composé | oiseau de paradis | Un oiseau aux plumes éclatantes. |
En contexte
- Tu ne l'emporteras pas au paradis !Menace plaisante : tu finiras par payer.
- Pour un gourmand, cette pâtisserie, c'est le paradis.Emploi hyperbolique, très courant.
- Baudelaire a décrit les paradis artificiels.Les drogues, qui procurent une euphorie trompeuse.
Du perse au français
Le mot remonte à l'avestique *pairidaēza*, « enclos », formé de *pairi*, « autour », et *daēza*, « mur ». Les Grecs ont appelé *paradeisos* les grands parcs des rois perses, puis les traducteurs de la Bible ont employé ce mot pour le jardin d'Éden. Le latin chrétien en a fait *paradisus*. Le paradis s'oppose à l'enfer, et la tradition le peuple d'anges.
Paradis prend-il une majuscule ?
Généralement non, sauf dans certains textes religieux où il désigne le séjour de Dieu.
Pourquoi « paradis fiscal » ?
Selon une explication répandue, c'est une traduction approximative de l'anglais *tax haven*, « havre fiscal » : *haven* a été confondu avec *heaven*, le ciel.