Compte, conte, comte : trois homophones, deux origines
Un compte est le calcul d'un nombre ou d'une somme ; le mot désigne aussi un état de dépenses et de recettes, un compte bancaire, un accès personnel à un service, et l'explication que l'on doit donner.
Le compte est partout : à la banque, sur internet et dans les expressions de tous les jours. Compter une histoire et compter des pièces, c'était à l'origine le même verbe : « conte » et « compte » viennent tous deux du latin « computare ». L'orthographe les a séparés au fil des siècles.
- Calcul. *Le compte est bon.*
- Compte bancaire. *J'ai ouvert un compte en ligne.*
- Accès à un service. *Crée ton compte pour jouer.*
- État des recettes et dépenses. *Faire ses comptes.*
- Explication due. *Il n'a de comptes à rendre à personne.*
Formes et locutions
| Forme | Mot | Exemple |
|---|---|---|
| Genre | masculin | un compte |
| Pluriel | comptes | régler ses comptes |
| Verbe | compter | compter jusqu'à dix |
| Nom | comptable | le métier de comptable |
| Locution | compte rendu | sans trait d'union |
Exemples
- Je ne m'étais pas rendu compte de l'heure.*Se rendre compte* : le participe reste invariable.
- Tiens compte de ses remarques.*Tenir compte de* : prendre en considération.
- En fin de compte, on reste à la maison.« Finalement » ; registre courant.
Trois homophones
- Compte — calcul, argent : *un compte d'épargne*.
- Conte — récit imaginaire : *un conte de fées* ; même origine latine que *compte*.
- Comte — titre de noblesse, du latin *comes*, « compagnon » ; féminin *comtesse*.
- Astuce : le p de *compte* rappelle le calcul, comme dans *comptable* ou *computer* en anglais.
Pourquoi « elle s'est rendu compte » sans e ?
Le complément direct est *compte*, placé après le verbe : le participe *rendu* ne s'accorde donc pas.
Que signifie « à bon compte » ?
À peu de frais, pour pas cher, sans beaucoup d'argent ; au figuré, sans grand dommage : *il s'en est tiré à bon compte*.