Que veut dire corvée ?
Une corvée est une tâche pénible ou ennuyeuse que l'on fait par obligation. À l'origine, c'était un travail gratuit que les paysans devaient au seigneur.
La corvée est ce qu'on repousse au lendemain : la vaisselle, le ménage, la déclaration d'impôts. Le mot porte en lui la mémoire du Moyen Âge, quand les paysans travaillaient gratuitement pour leur seigneur. Avant d'être une tâche ennuyeuse, la corvée était une obligation légale.
- Tâche pénible et imposée. *Repasser le linge, quelle corvée !*
- Travail gratuit dû au seigneur (féodalité). *Les paysans devaient trois jours de corvée.*
- Travail collectif imposé aux soldats. *Être de corvée de patates.*
- Au Québec, travail bénévole collectif. *Une corvée de nettoyage du parc.*
Formes
| Forme | Mot | Exemple |
|---|---|---|
| Genre | féminin | une corvée |
| Pluriel | corvées | les corvées ménagères |
| Locution | être de corvée | être désigné pour la tâche |
| Locution | corvée de bois | aller chercher du bois |
| Synonyme | labeur, besogne | registre soutenu |
Exemples
- Les enfants se partagent les corvées le week-end.Usage familial courant.
- Pour lui, aller à ce dîner est une vraie corvée.Sens figuré : contrainte sociale.
- Le village organise une corvée pour reconstruire la grange.Usage québécois : entraide bénévole, sens positif.
Une institution de l'Ancien Régime
Le mot vient du latin médiéval *corrogata* (*opera*), « travail requis, demandé ensemble ». Sous l'Ancien Régime, la corvée seigneuriale obligeait les paysans à travailler sur les terres du seigneur ; la corvée royale, généralisée au XVIIIe siècle, imposait l'entretien des routes. Ces labeurs non payés étaient parmi les charges les plus détestées et ont été abolis par la Révolution. Le Québec a gardé un sens plus chaleureux : la corvée y est une journée d'entraide entre voisins.
Corvée prend-il toujours un sens négatif ?
En France, presque toujours. Au Québec, une corvée peut être une activité collective bénévole, vécue positivement.
Qu'est-ce que la corvée de bois ?
Au sens militaire, aller chercher du bois ; l'expression a aussi désigné, pendant la guerre d'Algérie, un euphémisme pour des exécutions sommaires.