Abus ou excès ? Quand l'usage devient faute
Un abus est l'usage excessif ou injuste d'une chose, d'un pouvoir ou d'un droit ; le mot désigne aussi, en droit, plusieurs infractions précises, comme l'abus de confiance.
L'abus commence là où l'usage normal s'arrête. Boire un verre n'est pas un abus ; en boire dix, si. Un abus n'est pas une simple erreur : c'est un dépassement qui fait du tort. Le mot est proche de l'excès.
- Usage excessif. *L'abus d'alcool est dangereux pour la santé.*
- Usage injuste d'une autorité. *Un abus de pouvoir.*
- En droit : infraction précise. *Il est poursuivi pour abus de confiance.*
- Familier : « il y a de l'abus », c'est exagéré. *Trois heures de retard, il y a de l'abus !*
Formes
| Forme | Mot | Remarque |
|---|---|---|
| Nom masculin | un abus | s final au singulier |
| Pluriel | des abus | invariable |
| Verbe | abuser (de) | il abuse de sa position |
| Adjectif | abusif, abusive | une clause abusive |
| Adverbe | abusivement | employé abusivement |
Exemples
- Ce mot est employé abusivement.Langue soignée : sens détourné.
- Les abus de biens sociaux sont sévèrement punis.Droit des sociétés : usage des fonds d'une entreprise à des fins personnelles.
- Je ne voudrais pas abuser de votre temps.Formule de politesse courante.
Faux ami et nuances
- Anglais *abuse* : souvent « maltraitance » (*child abuse* = maltraitance des enfants) ; le français *abus* s'emploie surtout avec un complément (*abus sexuels*, *abus d'autorité*).
- Abuser de quelqu'un : profiter de lui, et en particulier commettre une agression sexuelle ; le sens est grave.
- S'abuser : se tromper (*si je ne m'abuse*), tour soutenu.
- Étymologie : du latin *abusus*, « mauvais usage », de *ab-* et *uti*, « se servir ».
Abus ou excès ?
L'excès est une quantité trop grande ; l'abus ajoute l'idée d'un usage fautif ou nuisible.
Que veut dire « si je ne m'abuse » ?
« Si je ne me trompe pas » ; formule polie et un peu soutenue.