Soupçon : un doute sur quelqu'un… ou une pincée de sel
Un soupçon est une opinion défavorable fondée sur des indices, sans preuve. Au figuré, « un soupçon de » désigne une très petite quantité.
Le soupçon naît d'un indice, d'un regard, d'une coïncidence. Il précède souvent l'accusation, mais n'en est pas une. Un soupçon n'est pas une preuve : c'est une question que l'on n'ose pas encore poser. Le mot sert aussi, en cuisine, à doser l'infime.
- Opinion défavorable sans preuve. *Les soupçons se portent sur le voisin.*
- Simple conjecture, intuition. *J'ai eu un soupçon de la vérité.*
- Très petite quantité. *Ajoutez un soupçon de cannelle.*
- Apparence légère. *Un soupçon d'ironie dans la voix.*
Formes et dérivés
| Forme | Mot | Remarque |
|---|---|---|
| Genre | un soupçon | nom masculin |
| Pluriel | des soupçons | cédille conservée |
| Verbe | soupçonner | ç devant o |
| Adjectif | soupçonneux, soupçonneuse | qui soupçonne |
| Contraire | insoupçonné | qu'on n'imaginait pas |
Phrases types
- Elle est au-dessus de tout soupçon.Expression figée : d'une honnêteté indiscutable.
- Il a éveillé les soupçons de la police.« Éveiller les soupçons » : collocation fréquente.
- Un soupçon de crème suffit.Usage culinaire, registre courant.
Pourquoi une cédille ?
Sans cédille, *soupcon* se lirait « soup-kon ». La cédille donne au c le son [s] devant a, o, u : soupçon, soupçonner, mais *soupcer* n'existe pas. Le mot vient du latin *suspectio*, « action de regarder en dessous », d'où aussi suspect. Dans la grille du jeu, la lettre apparaît en Ç.
Faut-il dire « soupçon de » ou « un peu de » ?
Les deux sont corrects. « Un soupçon de » est plus imagé et suggère une quantité encore plus faible.
Quelle différence entre soupçon et doute ?
Le doute est une incertitude générale ; le soupçon vise une personne ou un fait précis jugé suspect.