Rêver : dormir, désirer ou rêvasser ?
Rêver, c'est faire des rêves pendant le sommeil ; c'est aussi laisser aller son imagination éveillé, ou désirer vivement quelque chose qu'on n'a pas encore.
On rêve la nuit sans le vouloir et le jour en le voulant bien. Le verbe dit à la fois le film intérieur du sommeil et l'ambition la plus éveillée. Rêver de Paris et rêver à Paris, ce n'est pas tout à fait la même chose.
- Faire des rêves en dormant. *Cette nuit, j'ai rêvé que je volais.*
- Désirer vivement (rêver de). *Elle rêve de devenir pilote.*
- Songer vaguement (rêver à). *Il rêvait à ses vacances, le nez à la fenêtre.*
- Se faire des illusions (familier). *Une augmentation ? Tu rêves !*
Conjugaison
| Temps | Forme | Exemple |
|---|---|---|
| Infinitif | rêver | aimer rêver |
| Présent (il) | il rêve | il rêve souvent |
| Passé simple (il) | il rêva | il rêva longtemps |
| Participe passé | rêvé | l'occasion rêvée |
| Auxiliaire | avoir | j'ai rêvé de toi |
Exemples
- J'ai rêvé de toi cette nuit.*Rêver de quelqu'un* : le voir en rêve ; construction la plus courante.
- On croit rêver !Exclamation d'indignation devant une chose absurde ; registre familier.
- C'est le cadeau rêvé.Le participe *rêvé* signifie « idéal » devant ou après le nom.
Un accent qui cache un s
L'ancien français écrivait *resver*, qui voulait dire « vagabonder », puis « délirer ». L'accent circonflexe de *rêver* marque la place de ce *s* disparu, comme dans *forêt* ou *fête*. L'origine plus lointaine du verbe reste discutée. Le sens actuel de « faire un rêve » n'a supplanté *songer* qu'à partir du XVIIe siècle. On garde *rêverie* et *rêveur* dans la même famille.
Faut-il dire « rêver de » ou « rêver à » ?
*Rêver de* exprime le désir ou le contenu d'un rêve ; *rêver à* signifie penser vaguement à quelque chose, sans forcément le désirer.
Rêve et rêver s'écrivent-ils avec le même accent ?
Oui, tous les mots de la famille gardent le circonflexe : *rêve, rêveur, rêverie*.