L'ouïe, sens de l'audition et « oreilles » du poisson
L'ouïe est le sens qui permet de percevoir les sons ; au pluriel, les ouïes sont les fentes respiratoires des poissons et les ouvertures de certains instruments.
Le mot ouïe porte un tréma qui oblige à prononcer deux syllabes : *ou-ï-e*. Il désigne l'un des cinq sens, celui qui passe par l'oreille. Être « tout ouïe », c'est se transformer tout entier en oreille.
- Sens de l'audition. *Les chiens ont l'ouïe très fine.*
- Au pluriel, fentes branchiales des poissons. *Le poisson frais a des ouïes bien rouges.*
- Ouvertures en forme de S sur la table d'un violon. *Les ouïes laissent sortir le son.*
- Ouvertures d'aération d'un capot ou d'un boîtier. *Les ouïes du moteur étaient bouchées.*
Formes
| Forme | Mot | Remarque |
|---|---|---|
| Genre | une ouïe | nom féminin |
| Pluriel | des ouïes | sens des poissons, instruments |
| Verbe d'origine | ouïr | entendre (vieilli) |
| Participe | ouï | « ouï-dire » |
| Locution | être tout ouïe | écouter attentivement |
Dans des phrases
- Raconte, je suis tout ouïe.Locution figée : *tout* reste invariable, même au féminin.
- Le poissonnier soulève les ouïes pour montrer la fraîcheur.Vocabulaire du marché, emploi au pluriel.
- Il a perdu l'ouïe d'une oreille après l'explosion.Registre courant ; on dit aussi « l'audition ».
Un vieux verbe caché
*Ouïe* est l'ancien participe féminin du verbe *ouïr*, « entendre », du latin *audire*. Ce verbe ne survit guère que dans des tournures figées : *par ouï-dire* (par rumeur), *oyez !* dans les proclamations, et *l'audience* ou *auditif*, qui gardent la racine latine. Le tréma, lui, est indispensable : sans lui, on lirait *oui* suivi d'un e muet.
Pourquoi les poissons ont-ils des « ouïes » ?
Parce qu'on prenait autrefois ces fentes situées près de la tête pour des oreilles. Ce sont en réalité les ouvertures des branchies qui servent à respirer dans l'eau.
« Tout ouïe » s'accorde-t-il ?
Non : on écrit *elle est tout ouïe*, *elles sont tout ouïe*.