À l'insu de : un mot qui ne vit que dans une seule expression
Insu est un nom masculin qui n'existe que dans la locution « à l'insu de », signifiant « sans que la personne le sache ».
Le mot insu ne s'emploie jamais seul. Il forme la locution *à l'insu de*, qui veut dire « sans que quelqu'un le sache ». Il est fait de *in-* (négation) et de *su*, participe passé de *savoir*. Faire quelque chose à l'insu de quelqu'un, c'est agir dans son dos.
- À l'insu de quelqu'un : sans qu'il le sache. *Il a pris la voiture à l'insu de ses parents.*
- À mon insu, à ton insu… : sans que je le sache. *J'ai été filmé à mon insu.*
- À l'insu de soi-même : sans en avoir conscience. *Elle imitait sa mère à son insu.*
Formes possibles
| Forme | Exemple | Remarque |
|---|---|---|
| Nom | à l'insu de Paul | suivi d'un nom |
| 1re personne | à mon insu | possessif à la place de *de* |
| 2e personne | à ton insu, à votre insu | — |
| 3e personne | à son insu, à leur insu | *à leur insu* au pluriel |
| Contraire | au su de tous | « au vu et au su » |
Dans des phrases
- On l'a inscrit à son insu.Registre courant, très fréquent.
- Les données étaient collectées à l'insu des utilisateurs.Emploi juridique et journalistique.
- Il a agi au vu et au su de tout le monde.*Su* seul survit aussi dans ce contraire figé.
Une expression devenue célèbre
En 1998, pendant l'affaire Festina, les marionnettes des *Guignols de l'info* ont prêté à un coureur cycliste la formule « à l'insu de mon plein gré ». Cette alliance absurde, puisque *plein gré* signifie « volontairement », est restée dans la langue pour se moquer de quelqu'un qui nie sa responsabilité.
Peut-on dire « un insu » ?
Non. Le nom n'existe que dans la locution *à l'insu de* et ses variantes avec un possessif.
Faut-il dire « à mon insu » ou « à l'insu de moi » ?
*À mon insu*. La forme avec *de moi* est incorrecte.