« Coup de barre » : d'où vient l'expression ?
Une barre est une pièce longue et rigide de bois ou de métal. Le mot désigne aussi un trait droit, la commande d'un bateau, la limite d'un tribunal et, familièrement, une fatigue soudaine.
La barre est rigide et droite : en fer, en bois, en chocolat ou tracée d'un coup de crayon. Elle peut aussi diriger un bateau ou marquer une limite. Avoir un coup de barre, c'est sentir la fatigue tomber d'un coup, comme un poids sur les épaules.
- Pièce longue et rigide. *Une barre de fer bloquait la porte.*
- Trait droit. *Tire une barre sous le titre.*
- Commande du gouvernail. *Le skipper tient la barre.*
- Niveau, seuil. *Le chômage passe sous la barre des 7 %.*
- Barre des témoins (tribunal). *Le témoin est appelé à la barre.*
Formes et dérivés
| Forme | Mot | Remarque |
|---|---|---|
| Genre | la barre | féminin |
| Pluriel | les barres | |
| Verbe | barrer | il barre, il barra, barré |
| Diminutif | barrette | petite barre, pince à cheveux |
| Nom | barreau | barre de cage ; ordre des avocats |
Exemples
- Vers seize heures, j'ai toujours un coup de barre.Familier : fatigue soudaine.
- C'est elle qui tient la barre dans l'entreprise.Figuré : diriger.
- Les danseuses s'échauffent à la barre.Danse classique : rampe fixée au mur.
Barre, bar, barreau
Barre vient du latin populaire *barra*, d'origine probablement gauloise. Ne la confondez pas avec le bar (le débit de boissons, emprunté à l'anglais *bar*, qui désignait justement la barre du comptoir !) ni avec le poisson *bar*. L'expression « c'est de la barre » est inconnue ; on dit en revanche « c'est le coup de barre » ou, au Québec, « être barré » au sens d'être bloqué.
Pourquoi les avocats « plaident à la barre » ?
Parce qu'une barrière séparait les juges du public ; on s'en approchait pour parler.
« Avoir un coup de barre » est-il familier ?
Oui, registre familier mais très courant ; à l'écrit soigné, on dira « une fatigue soudaine ».