Repaire ou repère ? L'antre de la bête et le point de référence
Un repaire est le lieu où se retirent les bêtes sauvages, ou le refuge où se cachent des malfaiteurs ; il ne faut pas le confondre avec « repère », marque qui sert à s'orienter.
Le repaire est un lieu où l'on se retire, à l'abri des regards : la tanière du loup, le refuge des pirates. Par plaisanterie, c'est aussi l'endroit préféré de quelqu'un. On se cache dans un repaire ; on s'oriente grâce à un repère.
- Lieu où se retire une bête sauvage. *L'ours a regagné son repaire.*
- Refuge de malfaiteurs. *La police a découvert le repaire des trafiquants.*
- Par plaisanterie, lieu favori de quelqu'un. *Ce café est le repaire des étudiants.*
Formes
| Forme | Exemple | Remarque |
|---|---|---|
| Nom masculin | un repaire | -aire |
| Pluriel | des repaires | s régulier |
| Homophone | un repère | point de référence |
| Verbe voisin | repérer | famille de repère |
| Synonyme | antre, tanière | pour l'animal |
Exemples
- Cette crique était un repaire de contrebandiers.Sens historique et romanesque.
- Le grenier est devenu son repaire.Usage affectueux et familier.
- Placez un repère sur la carte.Attention : ici c'est *repère*, avec un accent grave.
Ne plus confondre repaire et repère
- Repaire vient de l'ancien verbe *repairer*, « rentrer chez soi, regagner son gîte », issu du latin tardif *repatriare*, « retourner dans sa patrie ».
- Repère est une ancienne graphie de *repaire* refaite d'après le latin *reperire*, « retrouver » : le sens « marque pour retrouver un endroit » s'est fixé avec l'accent.
- Astuce : un repaire est un abri (-aire comme *aire* de repos de l'animal) ; un repère sert à *repérer*.
- On écrit donc *point de repère*, *repère historique*, mais *repaire de brigands*.
« Point de repaire » est-il correct ?
Non : on écrit *point de repère*. Le repaire est un refuge, pas une marque.
Repaire est-il péjoratif ?
Souvent, quand il s'agit de bandits ; employé pour un lieu favori, il est simplement amusé.