Mordre : serrer avec les dents, et bien plus
Mordre, c'est serrer ou entamer avec les dents ; le verbe s'emploie aussi pour un poisson qui se prend à l'appât, pour ce qui empiète sur une limite, et au figuré pour un intérêt soudain.
Un chien peut mordre, un poisson aussi, au bout de la ligne. Le verbe a gardé l'idée de prise : celui qui mord ne lâche plus. Et quand on dit d'un passionné qu'il est « mordu », c'est qu'une passion l'a attrapé à son tour.
- Serrer avec les dents. *Le chat m'a mordu.*
- Se prendre à l'appât (poisson). *Ça mord aujourd'hui !*
- Empiéter sur une limite. *La voiture a mordu la ligne blanche.*
- Se laisser séduire (figuré). *Il a mordu à l'hameçon.*
Conjugaison
| Temps | Forme | Exemple |
|---|---|---|
| Infinitif | mordre | se faire mordre |
| Présent (il) | il mord | Ce chien ne mord pas. |
| Passé simple (il) | il mordit | Il mordit dans la pomme. |
| Participe passé | mordu | Il a été mordu. |
| Auxiliaire | avoir | Le serpent l'a mordu. |
Exemples
- Elle a mordu dans son sandwich avec appétit.« Mordre dans » : entamer un aliment.
- C'est un mordu de jazz.*Mordu* comme nom : passionné ; registre familier.
- Il a mordu la poussière au deuxième tour.« Mordre la poussière » : être vaincu.
Expressions et famille
- Mordre à l'hameçon — se laisser prendre à une ruse.
- Se mordre les doigts — regretter amèrement.
- Mordre la poussière — subir une défaite.
- Étymologie — du latin *mordere* ; même famille : *mordant*, *morsure*, *remords* (ce qui « mord » la conscience).
Pourquoi « il mord » sans t ?
Les verbes en *-dre* gardent leur *d* : il mord, il perd, il répond.
Mordu ou mordant ?
*Mordu* : passionné ou blessé par une morsure ; *mordant* : ironique, piquant.