Brève ou bref ? Un mot, plusieurs vies
Brève est le féminin de l'adjectif bref (de courte durée) ; comme nom, c'est une information courte dans un journal, ou une voyelle de durée courte.
Le mot brève dit lui-même ce qu'il est : court. Une brève de journal tient en quelques lignes, mais elle doit tout dire. Adjectif ou nom, il garde toujours cette idée de rapidité.
- Féminin de bref : de courte durée. *Une réunion brève et efficace.*
- Court article de presse. *L'accident n'a eu droit qu'à une brève en page six.*
- Voyelle ou syllabe courte (phonétique, poésie). *En latin, on distingue longues et brèves.*
- Brève de comptoir : phrase entendue au café. *Un recueil de brèves de comptoir.*
Formes
| Forme | Mot | Remarque |
|---|---|---|
| Masculin | bref | une seule syllabe |
| Féminin | brève | f devient v, accent grave |
| Pluriel | brefs, brèves | accord régulier |
| Adverbe | brièvement | radical bri- |
| Nom | brièveté | qualité de ce qui est bref |
Dans des phrases
- Soyez brève, nous manquons de temps.Adjectif accordé avec une femme.
- La rédaction a publié trois brèves sur le sujet.Nom de la presse, registre professionnel.
- « Faut pas pousser » : une vraie brève de comptoir.Le genre a été popularisé par Jean-Marie Gourio.
Bref, brève, brièvement
*Bref* vient du latin *brevis*, « court ». Le f final devient v au féminin, comme *neuf / neuve* ou *vif / vive*. L'adverbe *brièvement* et le nom *brièveté* gardent une ancienne forme en *bri-*. Quant à *bref* employé seul (« Bref, on est rentrés »), c'est un adverbe qui résume. Une brève de presse obéit à la même logique : l'essentiel en quelques mots.
Pourquoi un accent grave sur brève ?
Pour noter le son *è* devant la syllabe muette finale, comme *fève* ou *lièvre*.
Les « Brèves de comptoir », qu'est-ce que c'est ?
Un recueil de phrases entendues dans les cafés, publié par Jean-Marie Gourio à partir de la fin des années 1980 et adapté au théâtre et au cinéma.