Peine : punition, tristesse ou effort ?
La peine est une punition infligée par la justice, une souffrance morale, ou l'effort que demande une tâche ; « à peine » signifie presque pas.
La peine réunit trois idées qui se touchent : punir, souffrir et peiner. Le latin *poena* signifiait « châtiment » ; c'est en passant par la souffrance du puni que le mot a pris le sens de tristesse, puis d'effort. On parle aussi de douleur et de chagrin.
- Châtiment. *Une peine de cinq ans de prison.*
- Chagrin. *Tu me fais de la peine.*
- Effort. *Il s'est donné de la peine.*
- Difficulté. *J'ai de la peine à le croire.*
Formes et famille
| Forme | Mot | Exemple |
|---|---|---|
| Singulier | peine | une peine légère |
| Pluriel | peines | les peines de cœur |
| Verbe | peiner | il peine à monter |
| Adjectif | pénible | un travail pénible |
| Adjectif | pénal | le Code pénal |
Dans la phrase
- Ce n'est pas la peine de crier.« Ce n'est pas la peine » : c'est inutile ; en familier, « pas la peine ».
- À peine arrivé, il est reparti.« À peine » : tout juste, presque pas.
- Le détour vaut la peine.« Valoir la peine » : mériter l'effort.
Le piège de « à peine… que »
*À peine* placé en tête de phrase entraîne souvent l'inversion du sujet à l'écrit : *À peine était-il sorti qu'il se mit à pleuvoir.* À l'oral, on dit plutôt *il était à peine sorti qu'il pleuvait*. En Suisse et en Belgique, *avoir de la peine à* (avoir du mal à) est particulièrement courant, et au Québec *faire de la peine* est très fréquent pour « attrister ».
« Peine » et « pêne » sont-ils liés ?
Non : le *pêne* est la pièce mobile d'une serrure, d'une autre origine.
Que signifie « sous peine de » ?
« Sous la menace de » : *défense d'entrer sous peine d'amende*.