Que veut dire crainte ? Une peur réfléchie
La crainte est un sentiment d'inquiétude devant un danger, un mal possible ou une personne qu'on redoute ; elle est souvent plus mesurée et plus réfléchie que la peur.
La crainte est une cousine de la peur, mais plus calme. On a peur d'un chien qui aboie ; on a des craintes pour l'avenir. La peur saisit, la crainte anticipe. Elle porte souvent sur un danger encore lointain.
- Inquiétude devant un mal possible. *Il exprime des craintes pour sa santé.*
- Respect mêlé de peur. *La crainte de Dieu.*
- Locution « de crainte de ». *Il n'a rien dit, de crainte de la vexer.*
Formes et dérivés
| Forme | Mot | Exemple |
|---|---|---|
| Nom féminin | la crainte | une crainte légitime |
| Pluriel | des craintes | dissiper les craintes |
| Verbe | craindre | je crains le pire |
| Adjectif | craintif, craintive | un enfant craintif |
| Locution | sans crainte | avancer sans crainte |
En contexte
- Il a fermé la porte à clé, de crainte qu'on (ne) le dérange.*De crainte que* exige le subjonctif ; le *ne* explétif est facultatif et soutenu.
- Soyez sans crainte, tout se passera bien.Formule rassurante, polie.
- Ça craint, ici !Familier : *craindre* signifie « être nul, louche » ; rien à voir avec la crainte au sens propre.
Le « ne » qui ne nie rien
Après *de crainte que*, *craindre que* ou *avoir peur que*, la langue soignée ajoute souvent un *ne* : « je crains qu'il ne pleuve ». Ce *ne*, dit explétif, n'a aucune valeur négative : la phrase signifie bien « j'ai peur qu'il pleuve ». Pour dire le contraire, il faut la négation complète : « je crains qu'il ne pleuve pas ». Le mot *crainte* lui-même vient de *craindre*, issu du latin populaire *cremere*, croisement de *tremere*, « trembler », avec un mot gaulois.
Crainte et peur, laquelle est la plus forte ?
En général la peur ; la crainte est plus réfléchie et peut être durable.
Le *ne* après « de crainte que » est-il obligatoire ?
Non, il est facultatif ; sans lui, la phrase est simplement moins soutenue.