Barbare : de l'étranger incompris à la cruauté
Barbare se dit d'une personne ou d'un acte cruel et sans civilité ; historiquement, c'était l'étranger dont on ne comprenait pas la langue.
Dans l'Antiquité, barbare ne voulait pas dire « cruel » mais « étranger ». Pour un Grec, le barbare était simplement celui dont la langue sonnait comme un bredouillement. Le sens moral, lié à la cruauté, est venu plus tard.
- Cruel, inhumain. *Un crime barbare.*
- Grossier, sans raffinement. *Des manières barbares.*
- Historique : étranger aux civilisations grecque et romaine. *Les invasions barbares.*
- Incorrect (en parlant d'un mot ou d'une tournure). *Ce néologisme est un peu barbare.*
Formes et dérivés
| Forme | Mot | Remarque |
|---|---|---|
| Masculin / féminin | barbare | forme identique |
| Pluriel | barbares | adjectif et nom |
| Nom abstrait | barbarie | cruauté, absence de civilisation |
| Nom (langue) | barbarisme | faute contre la forme d'un mot |
| Verbe dérivé | barbariser | rare |
Dans des phrases
- Ces méthodes sont dignes des temps barbares.Registre soutenu, sens moral.
- Rome tomba sous la pression des peuples barbares.Emploi historique, sans jugement moral direct.
- « Ils ont acheté de suite » ? Quel barbarisme !Le dérivé barbarisme s'emploie en grammaire.
Une onomatopée grecque
Le grec *barbaros* imitait le « bar-bar » que les Grecs croyaient entendre dans les langues étrangères. Le latin *barbarus* l'a repris pour désigner tout ce qui était extérieur à Rome. Les historiens parlent aujourd'hui volontiers de « grandes migrations » plutôt que d'« invasions barbares », pour éviter la nuance méprisante.
Barbarie et barbarisme, c'est pareil ?
Non. La barbarie est la cruauté ou l'absence de civilisation ; le barbarisme est une faute de langue, comme « ils croivent ».
Peut-on dire d'un [peuple](/dictionary/peuple) qu'il est barbare ?
Historiquement oui, mais c'est aujourd'hui perçu comme un jugement péjoratif ; mieux vaut le nommer précisément.